Dans un contexte de contraintes financières, la hiérarchisation des interventions de la lutte contre le VIH repose sur les principes d’impact, d’équité et de durabilité, en s’appuyant sur les données épidémiologiques, les analyses de coûts et les orientations stratégiques nationales. L’objectif est d’optimiser l’utilisation des ressources en priorisant les actions les plus efficaces pour le contrôle de l’épidémie.
La première priorité est d’assurer la continuité des traitements antirétroviraux et des services de prise en charge des personnes vivant avec le VIH, afin d’éviter toute interruption de traitement aux conséquences graves.
La deuxième priorité concerne le dépistage ciblé et la prévention, notamment auprès des populations les plus exposées et des jeunes, en vue de réduire les nouvelles infections et d’atteindre les objectifs de contrôle de l’épidémie.
La troisième priorité vise à lever les barrières liées aux droits humains, au genre et à la stigmatisation, qui limitent l’accès aux services de santé.
Une attention particulière est également accordée au maintien des services communautaires, essentiels pour l’accompagnement, la lutte contre la stigmatisation et l’amélioration de l’observance thérapeutique. Parallèlement, une rationalisation des interventions est engagée pour améliorer l’efficience des ressources et renforcer l’intégration du VIH dans le système de santé.
Dans le cadre de la demande de financement GC8 du Fonds mondial, trois priorités stratégiques sont définies :Améliorer et élargir l’accès au dépistage, au traitement et à la prise en charge,Eliminer les nouvelles infections chez les enfants et les populations vulnérables dans les zones à forte charge ;lever les obstacles liés aux droits humains, au genre et à la stigmatisation afin d’améliorer l’accès et la rétention dans les soins.
La baisse des financements internationaux impose au Sénégal des choix difficiles, mais elle offre aussi l’occasion de repenser sa stratégie face au VIH. Entre impératif d’efficacité, protection des populations les plus vulnérables et recherche de nouvelles sources de financement, la demande GC8 marque un tournant pour la riposte nationale
Avec Dr Awa DIAGNE, coordonnatrice du programme Fonds Mondial (CNLS)

