Réunion de haut niveau sur le VIH/sida à New York : L’ONU met en garde contre un recul des progrès faute de financements.

Selon l’ONU, les décès liés au sida ont diminué de 70 % depuis leur pic de 2004, tandis que les nouvelles infections ont reculé grâce à l’élargissement de l’accès à la prévention et aux traitements. Aujourd’hui, plus de 32 millions de personnes vivant avec le VIH bénéficient d’un traitement antirétroviral vital.

Mais malgré ces avancées, la pandémie n’est pas terminée, a averti le Secrétaire général de l’ONU Antonio Gutieres, soulignant que les objectifs fixés dans la Déclaration politique de 2021 restent encore loin d’être atteints.

Fin 2024, 9,2 millions de personnes ayant besoin d’un traitement contre le VIH n’y avaient toujours pas accès. La même année, 1,3 million de personnes ont contracté le virus et 630 000 personnes sont mortes de maladies liées au sida

L’ONU alerte également sur l’impact des réductions de financements, qui affectent directement les programmes de prévention ainsi que les organisations communautaires, essentielles pour atteindre les populations les plus vulnérables.

Les difficultés financières, l’endettement croissant des pays en développement et le recul des protections des droits humains mettent également en danger les acquis obtenus au cours des dernières décennies.

. De son côté, la cheffe de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima, a appelé lundi les dirigeants du monde à « tenir la promesse » faite il y a 25 ans aux personnes vivant avec le VIH.

Lors de la réunion de l’Assemblée générale, elle a averti que les progrès restent fragiles. « Ne confondons pas progrès et succès », a-t-elle dit.

Elle a dénoncé le recul du financement international, la baisse des programmes de prévention et les atteintes croissantes aux droits des populations les plus exposées, estimant que ces tendances pourraient inverser les acquis.

La réunion de haut niveau intervient également dans un contexte de transformation de la réponse des Nations Unies au VIH. L’ONU travaille, dans le cadre de l’initiative ONU80, à préserver et renforcer cette action en intégrant certaines capacités du programme commun de l’ONU sur le VIH/sida, l’ONUSIDA, au sein du système de développement des Nations Unies.

Depuis 2001, l’Assemblée générale organise tous les cinq ans une réunion de haut niveau sur le VIH/sida afin d’évaluer les progrès accomplis et de renforcer la responsabilité collective des États membres. La nouvelle Déclaration politique adoptée à l’issue de cette session, mardi, doit définir la trajectoire mondiale de la lutte contre le VIH pour les cinq prochaines années.

« Aucun pays ni aucune communauté ne peut mettre fin au sida seul », a conclu le chef de l’ONU, appelant les États à avancer « avec urgence, solidarité et ambition ».