La riposte mondiale au VIH subit actuellement «son revers le plus important depuis des décennies», a annoncé ce mardi 25 novembre l’Onusida, pointant la crise de l’aide internationale qui a provoqué une «onde de choc» dans les pays fortement touchés par la maladie.
Présentant un nouveau rapport devant la presse, à Genève, la directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima, a mis en garde contre les «conséquences dévastatrices des coupes budgétaires internationales brutales de nombreux donateurs, qui ont provoqué une onde de choc dans les pays à revenu faible et intermédiaire».
Elle a notamment évoqué «l’arrêt brutal des financements par les Etats-Unis» après le retour du président Donald Trump à la Maison Blanche en début d’année, mais a souligné que d’autres grands donateurs avaient également considérablement réduit leur aide publique au développement.
«Les coupes sont dramatiques et généralisées», a-t-elle déploré. Depuis le début de l’année, «l’écosystème complexe qui soutient les services de lutte contre le VIH dans des dizaines de pays à revenu faible et intermédiaire a été profondément ébranlé». «Des cliniques ont fermé leurs portes sans préavis. Des milliers d’agents de santé ont perdu leur emploi ou leur salaire, et les services essentiels de dépistage, de traitement et de prévention ont subi des perturbations généralisées et persistantes», a encore Winnie Byanyima.
L’an dernier, 18,7 milliards de dollars étaient disponibles pour la riposte mondiale au sida, soit 17 % de moins que les besoins annuels évalués d’ici 2030, a-t-elle encore expliqué. Cette baisse était déjà manifeste avant 2024, avec depuis 10 ans une baisse progressive d’année en année, précise l’Onusida.
Dans 13 pays, le nombre de personnes ayant récemment commencé un traitement a diminué par rapport à l’année dernière. Des ruptures de stock de kits de dépistage du VIH et de médicaments ont été signalées dans des pays comme l’Ethiopie et la République démocratique du Congo.

